Dernière mise à jour : 22 novembre 2017

Transcription 15 février 2017 Wisconsin

Témoignage médical du Docteur Herb Coussons

« La maladie vibroacoustique a maintenant été prouvée par autopsie montrant que la prolifération des tissus conjonctifs est responsable des problèmes cardiaques et de l’hypertension. Ceci ne s’applique pas uniquement aux éoliennes. »

Herb Coussons
Docteur Herb Coussons

Traduit de l’anglais par Friends Against Wind :

15-02-17
Réunion du conseil de surveillance du comté de Brown
Commentaires du public

Président Moynihan :
Dr Coussons, s’il vous plaît, précisez vos nom et adresse pour l’enregistrement.

Dr Coussons :
Herb Coussons, 6649 Ledgetop Drive à Greenleaf.

Tout d’abord, je voudrais me présenter et expliquer pourquoi je suis ici. Je suis en activité à Green Bay depuis 2002. Je suis originaire de Louisiane et ai terminé mes études de médecine en 1992. J’ai donc 25 ans de pratique en médecine générale. Avant d’être en activité à Green Bay, j’étais dans le Nord-Ouest Pacifique, à la faculté de l’Université de l’Idaho et de l’État de Washington. J’enseigne au nouveau collège ici à Green Bay, au collège de médecine du Wisconsin.

Je suis aussi pilote d’avion depuis 1992 et ai passé tous les examens de pilote de grandes lignes. J’ai un intérêt orienté vers la physiologie et les sciences de la désorientation spatiale. J’enseigne et suis consultant dans de nombreux endroits aux États-Unis.

Je mentionnerais que je n’ai pas d’intérêts personnels ni financiers. Je ne suis pas rémunéré pour faire cette présentation et je ne représente personne.

J’aimerais ajouter, puisque nous sommes sur le thème de l’énergie éolienne et que c’est un sujet de controverse, que je suis pour l’énergie du pays, que ce soit l’énergie fossile ou l’énergie renouvelable, mais j’ai quelques opinions particulières à ce sujet. Je vous fais cette présentation au titre de la science, elle est reliée aux problèmes de santé existants dans la région de Shirley et plus au sud, vers Fond du Lac. Comme cela concerne cette Commission Shirley, dont sont issues les plaintes, je mentionne que j’ai moi-même reçu en consultation et soigné six de ces plaignants.

Je vais faire la différence entre un syndrome et une maladie. Un syndrome est un ensemble de symptômes qui ne sont pas nécessairement reliés les uns aux autres. Ceci explique pourquoi il y a tant d’incompréhension, quand le syndrome de l’éolien est le sujet à traiter.

J’aimerais faire remarquer que cette maladie est maintenant une maladie reconnue qui a une explication pathologique ou physiologique. Nous la classifions comme la maladie vibroacoustique et avec les nouvelles directives du CMS (Centers for Medicare & Medicaid Services, NDT), elle a le code T75.2, un code attribué aux effets de la vibration avec, comme mention, les vertiges des infrasons. C’est un diagnostic et c’est une maladie.

J’ai quelques extraits pour vous, dont le plus important concerne la maladie vibroacoustique. Cette maladie a maintenant été prouvée par autopsie montrant que la prolifération des tissus conjonctifs, particulièrement le collagène et les tissus fibro-élastiques sont responsables des problèmes cardiaques, de l’hypertension et d’autres découvertes physiologiques. Ceci ne s’applique pas uniquement aux éoliennes. C’est le résultat d’une exposition chronique aux bruits de basse fréquence, aux infrasons comme on les appelle. Cela s’applique aussi à l’aéronautique et c’est la raison pour laquelle le sujet a attiré mon attention.
Ce bruit de basse fréquence provoque l’épaississement des structures cardiovasculaires, et potentiellement une mort précoce. De plus on constate des lésions chromosomiques et une augmentation d’affections malignes chez ces patients. J’admets qu’il y a une insuffisance d’études liant cela au bruit du vent, mais il ne fait aucun doute que les fréquences qui affectent les personnes et les animaux, d’après les études qui ont été menées, sont les mêmes que celles qui ont été mesurées avec le projet « Shirley ».

Le second point indique que ces fréquences sont comprises entre 0 et 20 Hz. Infrasons ou basses fréquences, peu importe, et je n’entrerai pas dans les détails. Vous pouvez lire ces informations et je peux vous en envoyer une copie si vous le désirez. Elles sont prouvées par des échographies cardiaques, des IRM cérébrales et histologiquement dans des autopsies d’animaux et d’humains.

Autres preuves à l’appui : les troubles du sommeil sont aussi la cause de problème de santé. C’est pourquoi nous avons la CPAP (Continuous Positive Airway Pressure — Ventilation en pression positive continue, NDT) pour traiter les patients atteints du syndrome d’apnée du sommeil parce qu’ils deviennent obèses, sont en hypertension, ont une insuffisance cardiaque droite, ainsi que d’autres désordres d’ordre psychologique.

Ensuite, la théorie pour expliquer certains désordres physiologiques dus aux émissions d’infrasons venant de centrales éoliennes comprend des mesures de notre site à Shirley parce que c’est le projet le plus étudié de la région.

Le document suivant a été publié au Canada et je vais indiquer les conclusions de l’étude qui a été faite. Maintenant que beaucoup d’indications montrent les effets nocifs des infrasons, comme un agent potentiel de problèmes de santé, il est essentiel de réexaminer l’approche de cet aspect du fonctionnement des éoliennes, de réviser immédiatement la réglementation et de mettre en œuvre des mesures de protection de la santé publique fondées sur le principe de précaution.

Quant à l’épidémiologie ? Elle est mise de côté. Pourquoi n’y a-t-il pas d’études épidémiologiques alors que nous avons besoin de davantage de recherches sur les études qui ont été faites.

Ainsi en premier, la FDA (Food and Drug Administration — Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, NDT) est responsable de la sécurité et de l’efficacité des dispositifs portant atteinte à la santé. Cela peut être un appareil chirurgical, un médicament, tandis que l’OSHA (Occupational Safety and Health Administration, NDT) est responsable des choses qui concernent l’environnement, auxquelles les personnes sont exposées. Il y a donc un peu de conflit et de lutte au niveau fédéral entre la FDA et l’OSHA.

Ensuite, il y a des organisations telles que l’IRB (Institutional Review Board — Comité de protection des personnes, NDT). Auparavant, les recherches médicales n’étaient pas soumises à des vérifications concernant la protection des personnes. Il y a des études sur les animaux, il y a des modèles et d’autres types d’études, mais en toutes circonstances il est très difficile de pointer un lien de cause à effet, ou la cause d’une maladie, et je traiterai ceci dans une autre présentation.

Alors, quels modèles d’étude avons-nous ? Des rapports de cas – ceci m’ennuie. Ensuite, des enquêtes transversales – on fait des recherches sur un grand nombre de personnes dans une même région. Ensuite, des études cas-témoins – on mesure les individus affectés et ceux qui ne le sont pas. Des études de cohortes – des groupes d’individus contre des groupes d’individus, éventuellement dans des régions différentes ou dans des États différents. Ensuite, un essai randomisé contrôlé puis une méta-analyse pour rassembler les groupes d’études et obtenir ainsi un nombre substantiel permettant de prouver ce qu’un petit nombre ne peut pas prouver.

Qu’avons-nous avec les éoliennes ? Nous avons des rapports de cas, des enquêtes transversales, des études cas-témoins, des études de cohortes y compris croisées, mais nous n’avons pas d’essais randomisés contrôlés. Ce qui est intéressant, c’est que l’industrie du vent n’a pas non plus d’essais randomisés contrôlés qui soient indépendants et non financés par l’industrie elle-même et qui soient évalués par des pairs. Concernant la sécurité, ils manquent donc autant de preuves que ce qu’ils reprochent aux personnes qui souffrent d’effets nocifs sur leur santé.

En fait, nous ne verrons jamais d’étude randomisée contrôlée au sujet de l’éolien. La raison en est qu’il y a des préoccupations d’ordre éthique à propos de ces études. On a toutes les raisons de dire qu’il y a des effets nocifs potentiels sur la santé.
Il n’y aura jamais d’étude. Voulez-vous un exemple  ? Un exemple, ça pourrait être — j’ai imprimé quelque chose venant d’une revue de néphrologie qui montre pourquoi il n’y a pas d’études randomisées contrôlées pour certaines pathologies, et l’exemple pris, c’est le tabac. Il n’y a pas d’études randomisées contrôlées qui démontrent que le tabac est responsable d’effets nocifs sur la santé, aucune, zéro. Mais on avertit les gens, on les taxe, ils sont poursuivis en justice, il y a de nombreuses informations et il est couramment admis qu’il y a un lien direct entre le tabac et le cancer du poumon.

En résumé maintenant, je crois que nous avons trois décennies de rapports sur les effets nocifs sur la santé, la recherche a démontré que les infrasons et les basses fréquences sont responsables de troubles du sommeil et ont des effets physiologiques, en lien direct avec la cause ; les bruits de basse fréquence qui ont été démontrés être à l’origine de tout ceci sont mesurés dans le développement éolien ; la maladie vibroacoustique est maintenant établie, et plus de 90 professionnels ou chercheurs en médecine du monde entier, qui n’ont aucun conflit d’intérêt avec l’industrie, sont d’accord et ont signé cette déclaration. Et maintenant « Shirley Wind » est l’un des sites éoliens industriels les plus étudiés et documentés des États-Unis et nous avons ces personnes affectées que nous voyons à notre porte.

Donc la conclusion, qui me préoccupe, basée sur les patients que j’ai vus, est que les habitants de notre territoire sont exposés à un risque très réel de bruit à basse fréquence, et certains d’entre eux risquent de ne pas être vus ni connus pendant des années ou pendant dix ans. Un exemple semblable, c’est le soleil. C’est une énergie sous forme d’onde, et personne n’irait contre le fait que les rayons UV ou les infrarouges n’affectent pas tout le monde de la même façon. Je suis beaucoup plus susceptible d’attraper des coups de soleil que certains d’entre vous dans la salle, parce que j’ai la peau très pâle. Donc, il y a des gens qui sont plus sensibles, mais cela ne nie pas le fait que tout le monde est affecté. Et je suis aussi préoccupé par le fait que, malgré les preuves apportées dans notre petit territoire, le conseil et le comté feront courir un risque par leur négligence et leur dispositions, malgré la somme d’informations qui ont été présentées ici au cours des cinq dernières années.

J’ai parlé pendant quinze minutes et je suis ouvert aux questions ou à la discussion pour clarifier certains points car je suis passé très vite sur le sujet.

Transcription originale en anglais
Témoignage médical du Docteur Herb Coussons – 15 février 2017