Dernière mise à jour : 7 décembre 2018

Metamag 6 février 2018 France

Les négriers éoliens déboutés !

« Les agissements arrogants, l’intimidation et le mépris des habitants locaux par certains promoteurs éoliens, dont le comportement peut parfois rappeler celui des négriers africains ancestraux, reposent sur les privilèges réglementaires et financiers qui leur ont été octroyés par la loi au nom de la transition énergétique. »

Par Michel Gay

Michel Gay

Citoyen ordinaire, abonné EDF et contribuable, Michel Gay a été pilote de chasse dans une vie antérieure.
Il est l’auteur du livre « Vive le nucléaire heureux » et anime le site Internet www.vive-le-nucleaire-heureux.com.
Il a reçu en décembre 2016 le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN / PACA).

Le site “Le Tarn libre” nous informe qu’il est… libre, ainsi que l’auteur de l’article qui avait publié en mai 2015 un communiqué fustigeant la disproportion entre les sommes distribuées par les promoteurs éoliens d’une part aux collectivités et aux souscripteurs et, d’autre part, celles engagées pour la réalisation d’un projet d’installation d’éoliennes.

Injure et diffamation ?

Dans le communiqué publié par le site internet du journal Le Tarn Libre, l’auteur Pierre Ducassé indiquait notamment pour le parc d’Albine (dans le Tarn) :

“(…) les promoteurs éoliens appâtent les élus locaux en leur faisant miroiter des recettes fiscales mirobolantes. Peu importe que les chiffres annoncés soient largement surévalués, les élus trompés n’iront pas le chanter sur les toits.

(…) une éolienne rapporte à la commune environ 5 000 euros de rentrée fiscale annuelle. Donc pour 8 éoliennes, 40 000 euros. C’est beaucoup pour le budget d’une commune de 200 ou 400 habitants, mais, pour les promoteurs, cela ne représente pas plus que les sacs de verroterie que les négriers offraient aux roitelets africains en échange d’une bonne cargaison de chair humaine !

(…) Aujourd’hui, les promoteurs ont trouvé un autre angle d’attaque pour appâter les gogos : la souscription auprès des citoyens qui, en plus d’avoir le sentiment de sauver la planète, penseront faire une bonne affaire en devenant propriétaires d’une éolienne.

Une éolienne installée coûte 3 millions d’euros (M€), donc 8 machines coûtent 24 M€. Un parc éolien rapporte au moins 3 M€ par an pour une durée de vie d’au moins 15 ans. À comparer aux 50 000 euros versés à la commune !

(…) pour le futur parc éolien d’Albine, cette souscription est limitée à 1000 euros par personne et à 60 000 euros au total. Chaque souscripteur sera propriétaire d’un 24 millième du parc éolien avec un rendement de 5 à 6%, ce qui est alléchant, mais un capital remboursé en… 2 ans”.
(Remarque : le total des intérêts est donc minime !)

“En regardant le Roc de Peyremaux cerné par les huit monstres de 125 mètres de hauteur, le brave souscripteur pensera-t-il que ce spectacle vaut bien les euros que son geste citoyen lui aura rapportés ?
Ou aura-t-il, lui aussi, la satisfaction béate des rois africains contemplant leur verroterie ? ”

Les négriers éoliens devant la justice

Le 16 novembre 2017, le Tribunal de Grande instance de Paris a débouté les promoteurs éoliens Valorem et « Albine Energie » dans leur plainte en diffamation et injure contre Gilles Carles, journaliste au Tarn Libre et l’auteur du communiqué Pierre Ducassé.

Le jugement du tribunal prononcé le 16 novembre 2017 rejette les accusations de diffamation et d’injure lancée par les promoteurs éoliens contre le journaliste et le militant.

Les termes, bien qu’alambiqués dans la langue précise des juristes, sont toutefois savoureux et méritent d’être lus lentement.

Sur la diffamation :

“Attendu (…) que si les propos poursuivis permettent d’identifier les parties civiles, mêmes si elles ne sont pas citées, ils sont l’expression d’une opinion et ne recèlent en eux même l’imputation d’aucun fait précis susceptible de faire l’objet d’une offre de preuve, de sorte que le délit de diffamation ne saurait être retenu et qu’il convient de renvoyer des fins de la poursuite de ce chef les prévenus”.

Sur l’injure :

“Attendu (…) qu’en l’espèce, les propos incriminés sont “négriers éoliens”, qu’il ne s’agit pas d’une invective, les propos ne prenant pas une forme violente ou grossière ;

que pour désagréable que soit l’emploi du mot « négrier », l’ajout de l’adjectif « éolien » lui enlève son caractère outrageant ou méprisant puisqu’il ne prête pas à confusion avec la traite d’esclave noirs et que dans le contexte de ce communiqué de presse, le mot négrier ne peut avoir le sens figuré actuel d’une personne qui traiterait ses employés comme des esclaves mais s’inscrit dans la comparaison filées tout au long du communiqué entre les promoteurs éoliens et les négriers, promoteurs qui offriraient des recettes fiscales aux communes en échanges de parcs éoliens comme les négriers offraient de la “verroterie (…) aux roitelets africains en échange d’une bonne cargaison de chair humaine”.

Qu’il y a dès lors lieu de renvoyer les prévenus de ce chef de poursuite”.

Ah ! qu’en termes charmants ces choses-là sont mises”… aurait dit Philinte dans Le Misanthrope de Molière.

Les agissements arrogants, l’intimidation et le mépris des habitants locaux par certains promoteurs éoliens, dont le comportement peut parfois rappeler celui des négriers africains ancestraux, reposent sur les privilèges réglementaires et financiers qui leur ont été octroyés par la loi au nom de la transition énergétique.

Article de Metamag — 6 février 2018