Dernière mise à jour : 21 août 2017

Claude Brasseur 9 mai 2016 Belgique

Le thorium, la fin de l’escroquerie « verte » ?

Les pays qui ont le plus investi dans l’éolien, énergie « verte », constatent depuis peu que cette énergie intermittente, qu’à ce jour on ne stocke pas (1), non seulement les ruine mais crée aussi une pollution jamais connue auparavant : l’énergie fossile consommée quand il n’y a pas de vent nourrit des centrales nécessairement souples... de mauvais rendement (2).

Thorium

Par Claude Brasseur,
mathématicien, chercheur dans le domaine des énergies renouvelables
brasseurvossen@skynet.be

Le Danemark et l’Allemagne par exemple, constatent que polluer, se ruiner pour pouvoir se dire « vert » aux yeux du GIEC, de Greenpeace et des COP, est pour le moins absurde et la réaction contre l’éolien s’y précise. Le lobby éolien mondial, lui, voudrait continuer à engranger les milliards de subsides, Certificats Verts et autres. Avec une petite partie de ses milliards, il attaque vigoureusement les énergies vertes du futur, ne s’embarrasse pas d’objectivité ou de vérité. Ses attaques contre le thorium (3) en sont une illustration.
Ainsi dans le texte wisenederland.nl/kernenergie/thorium il est affirmé que le thorium serait rare, devra être acheté contrairement au vent qui est gratuit.
On « oublie » de préciser que ce vent gratuit ne donne son énergie que quand il le veut bien et uniquement grâce à une infrastructure ultra coûteuse. Ils « ignorent » qu’il y a du thorium peu coûteux partout sur la planète et pour toujours. La France en a même « sous hangar » pour des milliers d’années... et des réserves minières en Bretagne !

Claude Brasseur
Claude Brasseur

Dans ce même texte, on prétend que les centrales au thorium ne seront opérationnelles que dans 50 ans, qu’il faut « préserver la planète pendant ce temps d’attente ». On « oublie » de dire que des centrales au thorium sont déjà opérationnelles en Inde et le seront en Chine en 2020. On cite AREVA qui n’arrive pas à terminer ses centrales... centrales qui n’ont rien à voir avec la 4e génération et avec le thorium !

On parle de « problèmes de milieu » alors que les centrales au thorium sont sans le moindre danger : elles consomment les déchets des centrales actuelles, tout le processus est sous contrôle et les sécurités prévues sont passives (4). Il y a moins de danger de pollution avec une centrale au thorium qu’avec n’importe quelle usine chimique.

En ce qui concerne la menace de prolifération d’armes – argument massue des opposants - le risque est théorique. La gestion par un État non terroriste d’une centrale nucléaire aux sels fondus de thorium évite tout risque de prolifération d’armes nucléaires car il ne s’accumule pas d’uranium 233 fissible et celui qui est dans le réacteur est inutilisable à cause des épouvantables rayons gamma des sels fondus.

Bref, maintenant que l’éolien bat de l’aile, il faut absolument dénigrer les solutions réelles au problème de l’énergie. Le thorium n’est pas la seule solution mais il est écologique, sans danger et peu coûteux. Ni le GIEC ni Greenpeace ni Westinghouse ni le lobby mondial éolien ne pourront empêcher plus longtemps l’apparition rapide des centrales à sels fondus de 4e génération. Ce seront les premiers réacteurs nucléaires civils (5) et, en Belgique, le Centre de Mol permet de tester – grâce à MYRRHA – le fonctionnement d’un réacteur au thorium qui n’a même pas besoin d’un peu d’uranium 235 ou de plutonium 239 pour démarrer. La sécurité verte plutôt que la « paix verte » ! (traduction en français du mot "Greenpeace", NDLR)

(1) Il y a moyen de stocker l’électricité – le stockage massif du gaz aux USA est similaire - mais personne n’y songe pour l’éolien car cela doublerait son prix déjà excessif.

(2) Pour pouvoir suivre les fantaisies du vent, des centrales... sont perpétuellement en stand-by, démarrent en souplesse... polluent comme une voiture en ville. Il existe des centrales moins souples qui, seules, pollueraient nettement moins que le couple éolien-turbine à gaz.

(3) Le thorium est une matière dite « fertile » car on peut la transformer en uranium 233 dans un réacteur. L’uranium 233 est fissible comme l’uranium 235.

(4) À Fukushima la sécurité était active, le tsunami l’a paralysée. Une sécurité passive est liée à la conception même de la centrale.

(5) La centrale de Tchernobyl était avant tout militaire, destinée à produire de l’explosif nucléaire en même temps que de l’électricité.

Par Claude Brasseur - 9 mai 2016