Dernière mise à jour : 25 avril 2018

« Notre principale richesse dans les siècles à venir, c’est la beauté de notre paysage »

Lors d’une réunion d’information, la société RES en charge du projet éolien, a été mise en difficulté face aux arguments des opposants.

Réunion d'information
Les promoteurs ont été mis en difficulté par les questions du public. ©L’Eclaireur-La Dépêche

Actu.fr 12 mars 2018 France

Près du Coudray-Saint-Germer, la commune de Flavacourt tient à son paysage et ne veut pas du projet éolien

Lors d'une réunion d'information, la société RES en charge du projet éolien, a été mise en difficulté face aux arguments des opposants. Le débat semble s'enliser.

Il y a beaucoup d’incohérence, on est dans le brouillard et surtout Flavacourt tient à son paysage et ne veut pas des éoliennes.

Ces mots du maire de Flavacourt Xavier Hue sont clairs. Ces propos ont été tenus au terme de la réunion d’information tenue par plusieurs experts de la société RES, promoteurs du projet. Ces derniers étaient présents pour répondre aux questions du nombreux public qui s’était déplacé, questions sur l’avancée des études et sur des thèmes aussi variés que les mesures de protection de l’environnement, l’économie du projet et l’implantation projetée des éoliennes.

Une majorité d’opposants

Cette séance faisait suite à une première réunion tenue à Sérifontaine début janvier. Des maires voisins, Jean-Michel Duda (Le Vaumain), Patrick Thibaut (Sérifontaine), Béatrice Dumontier (Bazincourt) et Jacky Leborgne (Talmontiers) avaient répondu à l’invitation.

La soirée avait débuté avec un débat prévu par Vincent Milla représentant la société RES. Mais Xavier Hue s’imposait et prenait le micro afin que les habitants obtiennent les réponses aux questions qu’ils se posent. D’entrée, on constatait que la salle ne comptait pratiquement que des opposants au projet. Ceux se prononçant en faveur se comptaient sur les doigts d’une main.

« Un parc de 5 à 10 éoliennes »

Maîtrisant le sujet, les Brayons mettaient souvent en difficulté les représentants RES, que ce soit sur les nuisances sonores ou la rentabilité de la production.

On ne sait rien sur le nombre exact d’éoliennes, sur l’impact du bruit et si vous les arrêtez pour réduire les nuisances sonores la nuit ou encore sur la rentabilité ?

Ce à quoi Alice Fournier de RES répondait :

Nous sommes une entreprise privée, forcément on ne va pas faire le travail si ce n’est pas rentable pour nous. On a toujours communiqué sur un parc de 5 à 10 éoliennes.

Des arguments qui laissaient le public dubitatif.

Alors si on ne les fait pas tourner pour ne pas faire de bruit, autant ne pas les mettre.

Le ton était donné et il en était ainsi toute la soirée, que ce soit sur le sujet de l’enlèvement des éoliennes au terme de leur vie, de l’impact visuel, de la rentabilité ou encore de la pollution.

« La beauté de notre paysage »

Lorsque Vincent Milla défendait l’énergie éolienne et demandait quelles alternatives il y avait, aussitôt Xavier Hue intervenait :

On en a. Le photovoltaïque, la méthanisation. La meilleure méthode est l’économie d’énergie. Le photovoltaïque a de l’avenir. L’éolien, on n’en veut ni à Flavacourt, ni à Éragny. Notre principale richesse dans les siècles à venir, c’est la beauté de notre paysage. Et ça, on y tient beaucoup.

Le public montrait son soutien par des applaudissements nourris.

Un débat qui s’enlise

Bernard Michalczyk adjoint au maire d’Éragny, favorable au projet, tentait d’intervenir afin de donner son avis et une vive altercation intervenait entre lui et Xavier Hue au niveau de la non-communication dès le début du projet. Dans la salle, le ton montait et Delphine Robineau, responsable du projet, demandait le retour au calme pour poursuivre un débat qui s’enlisait.

Finalement, sans que les représentants de RES n’aient vraiment et concrètement répondu au questionnement du public, la réunion prenait fin. Xavier Hue concluait alors :

On tourne en rond, il y a beaucoup de non-réponses. Essayez de réfléchir aux questions qu’on vous a posées et apportez-nous des réponses.

Article d’Actu.fr — 12 mars 2018