Dernière mise à jour : 25 juin 2017

Voiture en panne
Si le vent était le carburant de votre voiture...
Contrepoints, le nivellement par le haut6 août 2014FranceFrance

Achèteriez-vous un appareil en panne 8 fois sur 10 ?

Achèteriez-vous une éolienne, en dehors de toute aide ?

Par Nick de Cusa

Que diriez-vous d’un smartphone qui ne s’allumerait pas ou qui, s’il s’allume, aurait une qualité de son si mauvaise que vous ne comprendriez pas vos interlocuteurs ? D’un iPad qui ne démarrerait pas plus ou qui, une fois lancé, ne connecterait pas avec les réseaux ? D’une machine à laver ou d’un lave-vaisselle tout aussi récalcitrants à se mettre en marche et qui vous rendraient vos habits ou vos assiettes à moitié lavés. D’une voiture ne démarrant pas ou, une fois en route, dont l’accélérateur accélèrerait ou freinerait aléatoirement, et la pédale de frein également ?

Diriez-vous de ces appareils qu’ils fonctionnent ? Et, si vous étiez libre de votre choix, les achèteriez-vous ?

Ce qui est difficile à croire, et pourtant vrai quand on observe les faits, c’est qu’il s’agit de cela avec les éoliennes. Leur facteur de charge est de 20%. Ce qui signifie qu’elles n’arrivent à fonctionner que 2 fois sur 10. En fait, pour être plus précis, à fonctionner plus souvent que cela mais alors, la plupart du temps, mal, avec comme résultat qu’elles ne produisent que moins de 20% de leurs capacités si les conditions, c’est-à-dire le vent, étaient maitrisables. Trop de vent et elles arrêtent sous peine de dégâts, pas assez et elles n’alimentent pas le réseau autant qu’elles devraient. Pire encore, quand le vent n’est pas constant mais souffle par intermittence, leur production se fait par à-coups et fait souffrir le réseau.

Une autre analogie qui illustre très bien la chose est de considérer le vent comme le carburant de ces machines, carburant dont on ne peut ni contrôler ni prévoir l’arrivée. Dans le moteur de votre voiture, ça donnerait soit trop d’essence, ce qui noie et coupe le moteur, soit trop peu, ce qui le fait hoqueter ou couper, et ne vous permet pas en tout cas d’être à l’heure à votre rendez-vous.

Permettez-moi alors de reposer maintenant ma question, mais de façon plus claire : avec ce que vous savez, achèteriez-vous une éolienne – hors toute aide ?

Il s’ensuit tout naturellement la question suivante : et si on vous y forçait ? Qu’en penseriez-vous ? Car oui, c’est ce qui se passe, car vous financez les éoliennes par le biais de factures d’électricité de plus en plus élevées à cause de leur multiplication.

À ce stade, bien des gens répondront deux choses, à savoir qu’il faut soutenir cette technologie jusqu’à ce qu’elle fonctionne mieux, et qu’il faut quand même des éoliennes pour faire baisser les émissions de CO2.

Pour la première, ne retenez pas votre souffle. Ce qui doit vraiment être amélioré pour que ça fonctionne, ce n’est pas tant la machine que le vent, sa force et sa régularité. Soyons clairs : aucun progrès technologique ne le permettra.

Restent les émissions de CO2, en admettant qu’il soit souhaitable de les réduire, ce qui se discute mais ce n’est pas la question ici. Et là, le bilan est cruel : pour compenser la forte variabilité des éoliennes, on installe des turbines à gaz à démarrage rapide, qu’on ne laisse jamais tourner à leur régime optimal (où elles émettraient le moins de CO2). Le résultat, paradoxal mais vrai, est que les éoliennes n’engendrent pas de réduction des émissions de CO2.

Résumons : des machines en panne 8 fois sur 10, en achèteriez-vous ? Et si on vous y force, comme c’est le cas, quelle impression cela vous fait-il ? Et si on vous y force pour une bonne cause, mais que cette cause n’est pas satisfaite ?

Combien de temps auriez-vous envie que ça continue, et même que ça continue de croître ? Ce n’est pas une question en l’air : Mme Royal nous annonce une transition énergétique devant atteindre 32% de renouvelables.