Dernière mise à jour : 18 juillet 2018

Europe 1 — Le zoom éco 11 octobre 2013 FranceFrance

Transition énergétique : « une électricité plus chère, plus sale et moins fiable »

« Bravo la transition énergétique ! Quand on a un atout [nucléaire], on le garde ! »

Europe 1 — 11 octobre 2013 Vidéo également disponible sur notre chaîne Vimeo
Le script

Thomas Sotto : Il fait froid, de plus en plus froid, nous dit Laurent Cabrol. Du coup, on va consommer, consommer de plus en plus d’électricité, et il y a, Axel de Tarlé, un risque de panne géante d’électricité cet hiver. C’est en tout cas le danger que pointe le cabinet Capgemini dans son dernier rapport sur la situation énergétique en Europe. Bon, est-ce que c’est vrai ou est-ce que c’est faux ? Est-ce qu’on va vraiment manquer d’électricité ?

Axel de Tarlé : Eh bien oui, on pourrait manquer d’électricité cet hiver et connaître une grande panne s’il fait froid. Pourquoi ? Eh bien, c’est malheureux à dire, mais c’est le résultat de la transition énergétique qui se révèle être un échec total ! Il suffit de regarder en Allemagne où on se retrouve, c’est assez incroyable, avec de l’électricité plus chère, de l’électricité plus polluante et moins d’électricité, d’où ce risque de black-out cet hiver en Europe qui nous viendrait d’Allemagne.

Thomas Sotto : C’est sûr que ce n’est pas une transition très réussie. Alors comment en est-on arrivé là ? Ça marche bien les éoliennes, quand même...

Axel de Tarlé : Alors écoutez, les événements se sont enchaînés avec une logique implacable. Premier point : les énergies vertes, le solaire, l’éolien, sont plus chères, on le savait, sauf que c’est vraiment plus cher. En Allemagne, le coût de l’électricité pour les ménages est maintenant quasiment deux fois plus élevé qu’en France. D’autant que ces énergies vertes sont prioritaires sur le réseau : quand il fait beau et que le vent souffle, les autres énergies bon marché, doivent s’incliner et cesser de tourner. Et au passage, les grandes victimes (on n’en parle pas), ce sont les centrales à gaz qui, du coup, tournent de moins en moins et ferment les unes après les autres en Europe.

Thomas Sotto : Oui, mais attendez, Axel, il faut savoir ce qu’on veut. Ces énergies vertes, elles sont aussi des énergies plus propres.

Axel de Tarlé : Alors non, même pas ! Et c’est ça le deuxième point et c’est ça le grand paradoxe. Comme ces énergies vertes sont intermittentes, il faut les doubler, il faut avoir des centrales de secours, pas chères et souples, qu’on puisse rapidement allumer. Et là, c’est le triomphe du charbon qui est l’énergie la moins chère du monde. Résultat : pour la deuxième année d’affilée, c’est un comble, les émissions de CO2 augmentent, oui, augmentent en Allemagne. Bravo la transition énergétique ! Et puis enfin, le troisième point, le risque de panne d’électricité. Pourquoi ? Eh bien parce que, on l’a dit, les centrales à gaz ferment les unes après les autres. De plus, les Allemands, sans concertation, ont décidé de fermer leurs centrales nucléaires. Et voilà comment on se retrouve avec ce triptyque surréaliste : une électricité plus chère, plus sale et moins fiable. Et ce fiasco est signé Angela Merkel. Oui, sur ce coup, les Allemands sont LE contre-exemple à ne pas suivre. Et d’ailleurs on le voit, en France, plus personne ne parle de sortir du nucléaire. Quand on a un atout, on le garde !

Thomas Sotto : Comment l’énergie verte risque de nous plonger dans le noir. Les détails avec Axel de Tarlé ce matin sur Europe 1. Merci beaucoup, Axel.