Dernière mise à jour : 21 août 2017

Claude Brasseur 18 mai 2016 Belgique

L’énergie éolienne pour polluer plus ?

« Pour polluer moins, il ne faut vraiment pas installer d’éoliennes. Un modèle de calcul plausible est ici envisagé. »

Pollution ≥ 13 %
Le pays avec éoliennes consomme 13 % de gaz de plus que celui qui n’a pas d’éoliennes. La différence est pire pour tout autre combustible fossile !

Par Claude Brasseur,
mathématicien, chercheur dans le domaine des énergies renouvelables
brasseurvossen@skynet.be

L’installation d’éoliennes où que ce soit sur la planète ne répond à aucune logique, ni verte ni économique. Peu nombreuses, elles ne dérangent guère ; nombreuses, elles tuent l’économie d’un pays tout en le polluant.

Claude Brasseur
Claude Brasseur

En Europe, le motif invoqué pour l’installation d’éoliennes s’appelle « les directives de la Commission pour 2020 ». En Belgique, où les instructions de la Commission sont déjà satisfaites grâce aux centrales à pellets importés, aux éoliennes importées et aux panneaux photovoltaïques importés, les éoliennes continuent à se multiplier. Et le citoyen payant peut se demander pourquoi cet excès de zèle en Belgique, pourquoi cette folie en France, grand pays reconnu le moins pollué d’Europe pour sa production d’électricité.

Oui, la question doit être posée : pourquoi la multiplication de ces engins coûteux, au rendement si faible qu’ils ne peuvent survivre que grâce aux subsides, visibles et camouflés, de l’état pour chaque Kwh ? La question est d’autant plus pertinente que les éoliennes – énergie « verte » ! – sont une source de pollution. Le Danemark et l’Allemagne commencent à s’en rendre compte, ils vivent dans la pollution, leur économie bat de l’aile.

Pour polluer moins, il ne faut vraiment pas installer d’éoliennes. Un modèle de calcul plausible est ici envisagé :

  • Dans ce modèle, un pays qui a 100 % de sa puissance nominale nécessaire avec de l’éolien, doit ajouter 100 % de cette puissance en centrales fossiles, ici au gaz. Ces centrales ont un rendement faible, il est de 40 %. Ce faible rendement est compensé par leur souplesse qui les rend aptes à suivre les éoliennes dont la puissance varie sans cesse de « tout » à « rien ». Les éoliennes produisent 25 % de leur potentiel théorique et les turbines à gaz fournissent les 75 % complémentaires. Précisons que les éoliennes tournent quasi tout le temps, ce qui camoufle leur puissance le plus souvent proche de zéro.
  • Un pays pourrait s’équiper à 100 % de centrales au gaz turbine-vapeur qui ont un rendement de 60 %. Ces centrales sont incapables de suivre le rythme imprévisible des éoliennes. Ce pays n’installerait pas d’éoliennes.
  • Établissons le rapport entre la consommation de gaz du pays avec éoliennes et du pays sans éoliennes : (75 % / 0,4) / (100 % / 0,6) = 1,13

⇒ Le pays avec éoliennes consomme 13 % de gaz de plus que celui qui n’a pas d’éoliennes. La différence est pire pour tout autre combustible fossile !

Conclusion : un pays sans éoliennes consommera toujours moins de gaz qu’un pays avec éoliennes. Le fort mauvais rendement des centrales au gaz quand elles varient de régime, aggrave lourdement encore l’écart théorique observé ici : le rendement des centrales souples accompagnant des éoliennes est en pratique bien inférieur aux 40 % théoriques. Plus le rendement est faible et plus la pollution est grande...

Un pays fonctionnant au gaz (ou autre) + éoliennes est une catastrophe écologique, financière. Et ceci quoi que l’on fasse comme progrès dans le domaine.

Par Claude Brasseur - 18 mai 2016