Dernière mise à jour : 21 août 2017

Saxe-Anhalt
(photo © windwahn.de)La transition énergétique allemande va coûter plus cher que la réunification.
Challenges23 octobre 2014FranceFrance

La folie des renouvelables — La catastrophe de l'éolien offshore

Extrait de “Les sept hypocrisies de la transition énergétique”, un article du magazine Challenges n°406.

Par Nicolas Stiel

La folie des renouvelables

En 2030, une grande partie de l'énergie produite sera composée de renouvelables. Exactement 32 %, selon la loi de transition énergétique. Comme l'hydraulique ne peut faire guère mieux que 10 %, la part de l'éolien et du photovoltaïque, énergies subventionnées, va donc exploser.

Le 16 octobre, la Commission de régulation de l'énergie a indiqué que la part des renouvelables dans la contribution au service public de l'électricité (CSPE) pour la période 2014-2025 devrait atteindre un montant cumulé de... 60 milliards d'euros.

Et remplacer la part du nucléaire qui ferait défaut à moitié par de l'éolien et à moitié par du solaire, « cela coûterait 210 milliards », indique Jean-Jacques Nieuviaert, économiste à L'Union française de l'électricité.

Pourtant, « la révolution du renouvelable est partie, qu'on ne s'y trompe pas », admet Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez. Et tant pis si le boom des éoliennes et des panneaux solaires désorganise le système. Car lorsqu'on produit un mégawattheure de renouvelable, il faut débrancher un mégawattheure de thermique. Résultat : avec la crise et la baisse des consommations, le réseau s'est retrouvé en surcapacité, au risque de mettre sous cocon des dizaines de centrales thermiques, « dont certaines n'avaient pas 3 ans d'âge », regrette-t-on au sommet de GDF Suez !

Outre-Rhin, la situation est encore plus chaotique. L'Allemagne, qui a renoncé au nucléaire pour miser à fond sur les renouvelables, est contrainte, lorsqu'il y a beaucoup de vent et de soleil, de céder son surplus d'électricité à ses voisins à des prix négatifs : les Polonais ont ainsi récupéré de l'électricité et un chèque de 60 euros le mégawatt. Autrement dit, le beurre et l'argent du beurre !

L'Energiewende, la transition énergétique allemande, va coûter plus cher que la réunification. On parle de 1200 milliards d'euros...

La catastrophe de l'éolien offshore

« L'éolien offshore », c'est un gros pari, reconnaît Pierre Radanne, consultant au think tank 4D. La France s'y est lancée dans le but de créer une filière pour Alstom et Areva. Avec l'optique de conquérir les marchés à l'étranger.

Seul problème, avec ces gigantesques machines au large des côtes, on entre en territoire inconnu. Les grands projets européens prennent tous du retard. Les éoliennes en mer requièrent une logistique très lourde et coûtent deux fois plus que pour les machines terrestres.

« Le coût d'achat moyen ressort à 200 euros le mégawattheure, ce qui en fait la filière la plus coûteuse », relève la Commission de régulation de l'énergie. Les quatre lots attribués l'an dernier au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique « vont recevoir au cours des vingt prochaines années 30 milliards d'euros de subvention », déclare un industriel au cœur du système.

Notre informateur le dit tout net : « Les projets éoliens offshore français ne seront jamais lancés. »

Extrait d'un article du magazine Challenges n°406