Dernière mise à jour : 18 octobre 2018

Contrepoints 28 septembre 2018 France

Le mythe du foisonnement éolien en Europe

Le foisonnement éolien en Europe est un mythe propagé par les affairistes du vent et entretenu par les thuriféraires des énergies renouvelables « coûte que coûte ».

Éoliennes en Picardie
(Photo : Inra, DIST, Jean Weber CC BY 2.0)

Par Michel Gay

Michel Gay

Citoyen ordinaire, abonné EDF et contribuable, Michel Gay a été pilote de chasse dans une vie antérieure.
Il est l’auteur du livre « Vive le nucléaire heureux » et anime le site Internet www.vive-le-nucleaire-heureux.com.
Il a reçu en décembre 2016 le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN / PACA).

Le « foisonnement » espéré de la production d’électricité éolienne profitant de différents régimes de vent en Europe pourrait-il compenser l’intermittence locale ?

Les réseaux électriques européens sont interconnectés pour satisfaire des besoins de consommation (jusqu’à un certain point selon la grosseur des « tuyaux ») sur de grandes distances. Ce maillage permet d’aller chercher les productions d’énergies là où elles sont disponibles, à un moment donné.

Pour les trente prochaines années, des scénarios énergétiques fleurissent en Europe. La plupart intègre un déploiement massif des énergies intermittentes (éolien et solaire en particulier). La Communauté Européenne a aussi élaboré sa feuille de route « Energy roadmap 2050 ».

Ces scénarios envisagent plusieurs moyens d’action pour tenter de compenser la faiblesse de l’équilibre nécessaire entre la production intermittente et la consommation instantanées d’électricité :

  • limitations temporaires de consommation (effacements des consommations ou tarifs dissuasifs) ;
  • utilisation d’énergies stockables, soit fossiles (comme le gaz), soit renouvelables (comme l’hydrogène par électrolyse, le méthane de synthèse, ou les barrages hydroélectriques) ;
  • développement d’une solidarité européenne fondée sur un « foisonnement » des productions intermittentes des différentes zones climatiques (le vent des Mers du Nord et Baltique et le soleil du bassin méditerranéen).

Une nouvelle organisation de la société

Tous ces raisonnements séduisants sont bâtis sur des modèles sommaires et ne s’appuient pas sur des études techniques réalistes fondées sur l’expérience. Il s’agit pourtant de sujets touchant à l’organisation de la société qui nécessitent une optimisation globale.

L’étude d’Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès analyse la réalité d’une production éolienne en France et en Europe de l’ouest (7 pays) pendant 7 mois (de septembre 2010 à mars 2011).

Cette étude montre clairement que le foisonnement est faible, voire inexistant. Sa synthèse en 8 pages est ici.

  • En dépit de ses trois régimes de vents, le foisonnement en France et en Europe reste limité. Les puissances minimales et maximales correspondent respectivement à 4 % et 60 % de la puissance totale installée. Des pénuries surviennent lors d’épisodes de grands froids ou de canicules lorsque les besoins en énergie sont importants ;
  • Les variations rapides de la production non pilotée ainsi qu’une puissance garantie faible (inférieure à 5 % de la puissance installée) imposeront un usage massif de centrales à gaz (ou nucléaires ?) en soutien pour satisfaire la demande.

Le foisonnement éolien en Europe est un mythe propagé par les affairistes du vent et entretenu par les thuriféraires des énergies renouvelables « coûte que coûte ».

Pas de vent en Europe, pas d’électricité. C’est aussi simple que ça !