Dernière mise à jour : 8 août 2018

Boulevard Voltaire 21 mai 2018 France

Les contradictions de M. Hulot : biodiversité, éoliennes, huile de palme

Ce n’est plus de la peste que les animaux sont malades, mais de l’écologie politique.

Nicolas Hulot
Nicolas Hulot, ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Par Pierre Van Ommeslaeghe, professeur de philosophie

Pierre Van Ommeslaeghe
Pierre Van Ommeslaeghe

Pour la tournée provinciale des ministres, Nicolas Hulot était à Marseille le 18 mai. Pourquoi Marseille ? C’est que la cité phocéenne doit accueillir le Congrès mondial de la nature en 2020. C’était l’occasion, pour lui, d’annoncer les grandes lignes d’un plan pour la biodiversité.

Les grandes lignes seulement, pas de mesures concrètes. Celles-ci doivent être annoncées en juillet. Comme à l’époque d’« Ushuaïa », l’ancien animateur de télévision nous a donc fait la bande-annonce de son plan…

Mais ne soyons pas trop cynique, le ministre de l’Écologie a raison de vouloir agir pour la biodiversité. On sait, aujourd’hui, que la population d’insectes a chuté de près de 80 % (notamment les abeilles), celle des oiseaux de 30 %, que les vers de terre aussi disparaissent… Cela pourrait sembler anecdotique, mais il s’agit là des bases de la pyramide alimentaire, au sommet de laquelle nous sommes. Il est donc plus que temps d’agir et on attend avec impatience les mesures qui seront annoncées.

Encore faut-il que les actions en faveur de la nature soient cohérentes.

M. Hulot nous dit que ce plan sera « le frère jumeau du plan climat ». Celui-là même qui veut développer encore les centrales éoliennes en France. Or, ces éoliennes sont une catastrophe pour les oiseaux, notamment les rapaces, les plus menacés, ainsi qu’une récente étude de la LPO (Ligue de protection des oiseaux) l’a montré. Elles sont aussi une grave menace contre les chauves-souris, une récente étude de Kévin Barré, docteur au Muséum national d’histoire naturelle, le démontre. Et on commence à se dire que les machines installées en haute mer perturberaient les animaux marins par les vibrations qu’elles génèrent.
Il faut donc choisir : les éoliennes ou la biodiversité.

Par ailleurs, le même Hulot vient d’autoriser une raffinerie du groupe Total, au bord de l’étang de Berre, à importer de l’huile de palme (300 000 tonnes par an !) pour fabriquer du carburant. Huile de palme qui entraîne, pour sa fabrication, une déforestation massive en Indonésie et en Malaisie. Réduisant drastiquement, notamment, l’habitat des orangs-outans, des gibbons et d’autres espèces encore. Il semble que l’écologie, ce soit comme l’amour : loin des yeux…

Le ministre a obtenu l’interdiction du glyphosate. Il semblerait que ce ne soit qu’une mesure symbolique pour faire croire que le gouvernement se soucie de l’environnement. Selon que vous serez industriel puissant ou agriculteur misérable, les jugements de M. Hulot vous rendront blanc (vert, plutôt) ou noir. Ce n’est plus de la peste que les animaux sont malades, mais de l’écologie politique.