Dernière mise à jour : 7 décembre 2018

Boulevard Voltaire22 novembre 2018 France

Le totalitarisme vert

La transition énergétique est, pour les Français, une augmentation continue des taxes, l’obligation pour beaucoup de changer de voiture et de chaudière, sans compter l’imposition possible d’éoliennes de 200 m de haut à 500 m de chez eux.

Par François Jourdier
Essayiste

François Jourdier
François Jourdier

La « transition énergétique » vire au totalitarisme, elle en a toutes les caractéristiques : mensonge, désinformation, oppression, intolérance, gabegie et volonté de créer un « homme nouveau ».

Premier mensonge : la confusion qui est faite entre la pollution de la basse atmosphère et le réchauffement climatique attribué à l’augmentation par les activités humaines des « gaz à effet de serre » dans la haute atmosphère. Ces deux phénomènes demandent un traitement différent.

La pollution est un phénomène urbain qui ne concerne pas les campagnes ni les petites villes. Elle doit être traitée localement et non au niveau de l’État.

Il n’y a aucune raison d’imposer les mêmes contraintes aux zones agricoles et de faible densité, aux petites villes qu’aux grandes.

Le GIEC affirme que le monde va devenir invivable dans les décennies qui viennent : il faut limiter l’émission des « gaz à effet de serre ». Les écologistes veulent développer les « énergies renouvelables », l’installation de dizaines de milliers d’éoliennes et d’hectares de panneaux solaires qui ne produisent que de façon intermittente.

La France est le pays le moins polluant dans sa production d’électricité, qui provient, à 75 %, des centrales nucléaires. On a réussi à convaincre que l’énergie nucléaire était dangereuse. Désinformation : la production de charbon a tué des centaines de milliers de personnes, et la rupture de barrages hydrauliques, en particulier en France, des centaines. Les exemples de Tchernobyl et Fukushima ne sont pas significatifs en France.

Il faut relancer la construction de centrales nucléaires pour remplacer celles qui arrivent en fin de vie ; le problème des « gaz à effet de serre » sera résolu.

L’origine du problème est d’avoir chargé des idéologues écologistes de la gestion de l’énergie en France. La loi prévoit de réduire à 50 % la part du nucléaire dans notre production d’électricité, il est donc nécessaire de compenser les 25 % par d’autres sources : vive les énergies renouvelables, principalement les éoliennes allemandes et les panneaux solaires chinois ! Nous voilà ramenés au rôle d’installateur. Pour financer le tout, on augmente les taxes sur les produits pétroliers, on impose à l’électricité une taxe progressive qui représente, déjà, 16 % de la facture. La transition énergétique est, pour les Français, une augmentation continue des taxes, l’obligation pour beaucoup de changer de voiture et de chaudière, sans compter l’imposition possible d’éoliennes de 200 m de haut à 500 m de chez eux.

Les gourous du GIEC, des centaines de climatologues autoproclamés, souvent financièrement intéressés, des idéologues et des idiots utiles s’appuient sur des modèles mathématiques dont on ne connaît pas l’exactitude.

La gabegie est constante : on encourage les voitures au diesel pour les interdire maintenant, on décourage le chauffage électrique et, maintenant, on veut interdire le fioul. Le déficit commercial français provient, pour les deux tiers, de l’achat de produits pétroliers, M. Hulot interdit toute prospection alors que les eaux françaises de la Guyane et du canal du Mozambique sont prometteuses. Ce n’est pas à la production de pétrole qu‘il faut s’en prendre mais à la consommation. En plus, on est en train de démanteler notre industrie nucléaire exportatrice pour acheter éoliennes et panneaux solaires fabriqués à l’étranger.

Comme tout totalitarisme, l’écologie veut créer un homme nouveau. L’homme écologique commence à apparaître clairement : il vit dans un cocon mal chauffé par des granulats de bois, il éteint les ampoules LED en sortant, il se déplace en groupe ou alors à bicyclette, en trottinette électrique ou en voiture électrique pour les plus riches. Pour nourrir les multitudes africaines, l’homme nouveau doit se limiter, manger très peu de viande, d’autant que les ruminants produisent du méthane. L’homme nouveau se nourrit de lentilles et de soja, de fruits et de légumes au moins cinq fois par jour, il condamne l’huile de palme, n’achète que des produits locaux vendus en vrac, a un composteur sur son balcon. L’homme nouveau boit avec modération, ne fume pas.

Il se préoccupe de la disparition de la biodiversité et du sort funeste de nos cousins gorilles et orangs-outans.

Quand viendra la fin de cette vie exaltante, il se fera immerger pour être recyclé par les crabes et les homards du prochain Noël.