Dernière mise à jour : 22 novembre 2017

Pascale Hoffmeyer 23 juillet 2016 Franches-Montagnes

« Les riverains des éoliennes : une minorité sacrifiée indigne d’un pays de droit »

« Impossible pour moi de sortir lorsque les machines fonctionnent, les symptômes s’accélèrent et en plus je suis prise de nausées. »

Riverains d'éoliennes
Riverains d’éoliennes

Le 23 juillet 2016, Pascale Hoffmeyer a écrit aux membres de la commission chargée de l’élaboration des directives de l’OMS relatives au bruit dans l’environnement en Europe :

Madame, Monsieur,

J’apprends que vous allez revoir les lignes directrices sur la pollution sonore en Europe, cela voudra-t-il dire que les nuisances des éoliennes industrielles vont enfin faire l’objet d’une attention particulière ?

J’habite à 650 m de la première des deux éoliennes qui surplombe mon village, elle se situe directement en face de mon appartement. La seconde est à quelques dizaines de mètres plus en arrière. Lorsqu’elles tournent sous la poussée du vent, ces éoliennes provoquent rapidement des symptômes pénibles comme sifflement dans les oreilles, maux de tête, mal-être, sommeil perturbé, nervosité, tensions. Nous habitons à la campagne où je faisais de longues marches avant leur installation (comme cela nous est chaudement recommandé par tous les spécialistes de la santé pour notre bien-être général, n’est-ce pas ?). Impossible pour moi de sortir lorsque les machines fonctionnent, les symptômes s’accélèrent et en plus je suis prise de nausées.

Je crois que ce que je décris ici est bien connu, aussi je ne vais pas m’étendre. Ce qui l’est moins, c’est l’impossibilité que nous avons de nous défendre, faute de lois adaptées à cette technologie précise. Est-il normal que l’on vienne nous dire aujourd’hui que nous devons développer les énergies renouvelables à cause des dangers que représentent les énergies fossiles, qui se sont imposées de la même manière : sans précautions sanitaires ? Allons-nous couvrir les territoires naturels, refuges indispensables à tous ceux qui subissent jour après jour des nuisances industrielles, de centrales électriques dont les impacts sur la santé n’ont pas fait l’objet d’études indépendantes sérieuses et approfondies ? Qui sous prétexte de produire une énergie propre ne sont soumises à aucune loi spécifique sur la protection contre le bruit ? Laissant l’industrie libre de coloniser notre environnement sans avoir à se préoccuper des conséquences sur notre santé ?

Nous subissons jour après jour, constatons la détérioration de notre santé physique et morale et nous n’avons aucune loi pour nous protéger, que des recommandations contre lesquelles nous ne pouvons rien. On nous demande des sommes astronomiques pour ouvrir des procédures qui n’ont aucune chance d’aboutir en ce qui concerne les nuisances sonores spécifiques des éoliennes ! Les riverains de ces machines représentent une minorité sacrifiée indigne d’un pays de droit.

J’ose espérer que votre démarche sera sérieuse, à l’écoute des victimes et non des intérêts multiples qui gravitent autour des éoliennes industrielles, parce que la transition énergétique commence par le respect de chacun, sinon nous ne ferons que répéter l’histoire. J’habite en Suisse, ce qui n’enlève rien à l’importance d’une directive européenne.

Je vais donc suivre de près et pleine d’espoir votre démarche et ses conclusions. Ce sont des institutions comme la vôtre qui détiennent le pouvoir de défendre la qualité de vie contre les intérêts particuliers. Des directives claires de votre part auront un impact certain sur l’avenir des victimes, ne le négligez pas.

Avec mes remerciements pour votre attention et mes salutations distinguées.

Pascale Hoffmeyer
CH-2364 Saint-Brais

Lettre de Pascale Hoffmeyer à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) - 23 juillet 2016