Dernière mise à jour : 28 avril 2017

Pascale Hoffmeyer 13 mars 2015 Franches-MontagnesSuisse

Une voisine d'éoliennes en Suisse lance un appel aux sénateurs français

« Depuis quand répond-on à la souffrance des gens par des impératifs économiques ? »

Le mur de Saint-Brais
Saint-Brais en Suisse. Dessin de Guznag publié dans le journal La Tuile en 2009.

Madame la Sénatrice,
Monsieur le Sénateur,

Je salue ici la demande d'une distance de 1000 m entre éoliennes et habitations. Nous subissons les nuisances des aérogénérateurs et nous nous battons sans relâche pour protéger nos vies et nos paysages magnifiques, de cette folie humaine. Nous nous battons partout en Europe et dans le monde avec un courage que l'on pourrait nous envier et même saluer, face à une filière éolienne et une certaine classe politique qui feignent l'ignorance de ce que nous endurons pour parvenir à leur fin. Depuis quand répond-on à la souffrance des gens par des impératifs économiques?

Cette indifférence et cette distance que je vois s'installer entre notre réalité quotidienne et le pouvoir, ici dangereusement proche de la filière éolienne industrielle, nous mettent tous en danger. Chaque jour qui passe aggrave notre situation. La vôtre aussi, parce que de votre capacité à entendre la voix de ceux qui en appellent à votre discernement dépend votre crédibilité politique.

Je vis en Suisse et je sais que les campagnes françaises bouillonnent de la lutte contre les éoliennes industrielles, comme en Angleterre, comme en Allemagne, comme en Pologne, comme en Belgique, comme en Grèce, comme au Canada, comme en Australie... etc. Comme chez moi. Nous sommes des milliers à ne pas vouloir de cette vie déchue sous des monstres d'acier bruyants et gesticulants là où il y avait du sens et de la beauté. Il suffit donc de vivre en ville pour ne pas nous entendre?

J'ose espérer que vous ne plierez pas devant le lobby éolien et la rage de vaincre des écolos industriels, qui cela dit en passant ont perdu toute notion d'empathie dans cette affaire. Une mauvaise solution n'est pas une solution, alors autant les laisser jouer loin de nos maisons. Ce n'est pas de l'égoïsme comme ils se plaisent à le dire, c'est un minimum de bon sens devant leur dérive.

Recevez, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, mes salutations distinguées.

Pascale Hoffmeyer
www.voisinedeoliennesindustrielles.com
Membre du collectif de citoyens pour la diffusion de l'information sur l'industrie éolienne
Coordinatrice pour la Suisse de World Council for Nature

Lettre de Pascale Hoffmeyer aux sénateurs français